Une ascendance capétienne

On a coutume de dire que 9 Français sur 10 descendent de Charlemagne. Soit. Pourtant, avant d’entreprendre mes recherches généalogiques, j’étais loin de me douter que la branche maternelle de mes ancêtres, tous paysans, avaient tout de même une petite, que dis-je, une infime part d’ascendance royale. Non que cela provoque en moi une bouffée d’orgueil ou un état de plénitude aristocratique. Non non… Je ne l’ai pas cherché, je suis tombée dessus par hasard… Simplement, c’est une autre facette de ma généalogie, avec son nouvel univers à découvrir, et quand on est passionnée d’Histoire comme je le suis, c’est un peu Noël en avance !

Louis VI le Gros par Jean Du Tillet, Recueil des rois de France (FR 2848, f° 150), XVIe siècle. Bibliothèque Nationale de France. Peinture réalisée d'après l'image gravée sur le grand sceau du roi.

Louis VI le Gros par Jean Du Tillet, Recueil des rois de France (FR 2848, f° 150), XVIe siècle. Bibliothèque Nationale de France.
Peinture réalisée d’après l’image gravée sur le grand sceau du roi.

Les Capétiens sont une dynastie princière d’origine franque qui commence avec Hugues Capet, roi des Francs, et qui règne, notamment sur la France avec sa branche directe, de 987 à 1328. La dynastie se poursuit avec les branches collatérales des Valois, jusqu’en 1589, puis avec les Bourbons à partir de Henri IV jusqu’en 1848, avec une interruption pendant la Révolution française jusqu’en 1814. Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe Ier (maison d’Orléans) sont les derniers représentants de la dynastie capétienne.

La lignée d’ascendants que j’ai pu remonter se connecte aux Capétiens au niveau de Louis VI (1081-1137). Elle redescend ensuite, sur 15 générations, en passant par :

  • Raymond VI, Comte de TOULOUSE (1156-1222), qui participa à la première Croisade,  (petit-fils de Louis VI)
  • Jean MITTE de CHEVRIÈRES (-1394), premier écuyer du roi Charles V  (7 générations plus tard)
  • et Estienne CHEVRON (1545-1608), laboureur, Consul de Pomeys (Rhône) (6 générations plus tard)
28 générations entre Louis VI et moi-même

Capture d’écran Heredis
Fenêtre “Rechercher les liens” entre Louis VI et moi-même

Dans mon cas, l’alliance du sang noble avec les roturiers se produit en 1514, quand Françoise MITTE (future grand-mère d’Estienne CHEVRON) épouse Michel TELLISSON (de Pomeys). Ce mariage établit la filiation entre l’une des plus anciennes familles chevaleresques du Forez (les Mitte de Chevrières) et une famille roturière (les Tellisson). Les Mitte de Chevrières, par leurs prestigieuses alliances (les Montagny, du Lyonnais, et les Alleman, du Dauphiné) descendent par les femmes de Hugues CAPET et de CHARLEMAGNE.

Leur fille, Marie TELLISSON, qui épouse Pierre CHEVRON, est à la tête d’une importante descendance de paysans des Monts du Lyonnais : les BOUTEILLE, BRUYAS, CHEVRON, CROZET, FAYOLLE, FLECHET, JOANIN, GONON, GOY, GRANGE, MOULIN, NEEL, RAGEY, THIZY, TREYNET, VACHON, et sans doute beaucoup d’autres. La tradition orale de ces montagnes voulait que ces paysans descendent de CHARLEMAGNE ! L’histoire semble leur donner raison…


Ce lignage m’a permis de me replonger dans mes leçons d’histoire et de lire sous un jour nouveau la vie de ces personnages. Car il est bien rare de se pencher sur cette période lointaine quand on fait de la généalogie.

Je souhaitais donc humblement vous partager certains aspects de leur vie, sous la forme de plusieurs billets. Commençons aujourd’hui par Louis VI.

Tout d’abord, il faut se replacer dans le contexte. Pendant les deux premiers siècles de leur règne, les Capétiens n’ont d’autorité que sur un petit territoire s’étendant de Paris à Orléans. Le reste du royaume demeure à la merci de seigneurs rebelles et turbulents.

Une carte valant toujours mieux qu’un long discours, voici le découpage de la France au XIIe siècle :

Carte de la France en 1180

Carte de la France en 1180
par Zigeuner [GFDL ou CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons

Économiquement, même si les campagnes bénéficient de l’essor des moulins et de l’amélioration des techniques de labour, l’époque est marquée par de nombreuses périodes de famine.
La boussole n’est inventée qu’à la fin du XIIe siècle,. La médecine se développe. Les châteaux-forts commencent à être construits en pierre. Les blasons font leur apparition.

Enluminure du XIIe siècle

“Banquet” : Enluminure par Petrus Lombardus, Comment. in Psalmos, seconde moitié du XIIe siècle,
Nord de la France – Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 0056 (codex ; parchemin)

 

Louis VI le Gros (1081-1137)

Portrait de Louis VI, roi de France (1078-1137), par Merry-Joseph Blondel (1837)

Louis VI, roi de France (1078-1137), par Merry-Joseph Blondel (1837), huile sur toile (92 x 74,2 cm)
© RMN-GP (Château de Versailles) / © Franck Raux

Louis VI, cinquième de la dynastie des Capétiens, est Roi des Francs de 1108 à 1137.

En 1115, il épouse à Paris Adélaïde de Savoie (1092-1154). Ils auront sept fils et deux filles, dont :

  • Louis VII le Jeune, son successeur
  • Constance de France (1124-1176), mon aïeule (oui, ça fait un peu bizarre au début)

Cette dernière se marie en secondes noces avec Raymond V Comte de Toulouse (1134-1194). De cette union naissent quatre enfants, dont Raymond VI (1156-1222), duquel je vous conterai la vie dans un prochain épisode.


Louis VI est un souverain actif, qui passe de nombreuses années à guerroyer, contre l’Angleterre, mais aussi contre les seigneurs brigands du bassin parisien afin de faire respecter l’autorité de la couronne.

En 1119, dans une lettre au pape Calixte II, Louis VI se proclame… “roi de la France, non plus des Francs, et fils particulier de l’Église romaine”. Il s’agit de la première mention connue du mot “France”. C’est à partir de Louis VI que s’instaure un pouvoir féodal dans lequel le roi joue un rôle prépondérant.

En 1124, en mauvaise posture face à l’empereur Germanique qui menace de l’envahir, il convoque pour la première fois l’ost, armée à laquelle tous les vassaux du roi de France sont tenus de participer. Louis VI part chercher l’oriflamme à Saint Denis (il devient dès lors coutumier aux rois de France de brandir la bannière dans les heures de grand péril). Henri V, faisant face à cette immense armée, préfère se retirer sans combattre.

Tableau “Louis le Gros prend l'oriflamme à Saint-Denis, 1124”

“Louis le Gros prend l’oriflamme à Saint-Denis, 1124”, réalisé par Pierre-Jules Jollivet,
commandé par Louis-Philippe pour le musée historique de Versailles en 1837 (source)

Louis VI décède en 1137. Il laisse derrière lui un royaume régénéré, unifié, et en pleine expansion.

Monnaie de Paris, Série métallique des rois de France, vue d'artiste de Louis VI le Gros

Monnaie de Paris, Série métallique des rois de France, vue d’artiste de Louis VI le Gros
(gravée par Thomas Bernard, source)

Suite de la série

Sources et liens pour en savoir plus

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13 réflexions sur “Une ascendance capétienne

  1. Pingback: Une ascendance capétienne | Gén&e...

  2. Et une cousine de plus ! J’ai découvert cette ascendance en 2011 grâce à la base de données en ligne de Guillaume de Tournemire. Mon point de départ est André Thomas Costard ° 1745, laboureur, mon sosa 186, il était le fils d’un certain Antoine Costard, seigneur de la Fontaine à Montmartin en Graignes dans la Manche et de Jeanne Marie du Chastel. J’ai commencé ma généalogie en 1986 et j’étais comme vous, loin d’imaginer que cette branche très humble (manouvriers, agriculteurs…) déboucherait sur cette lignée aristocratique. Comme vous, je me penche maintenant sur cette période du Moyen-Age que je ne connaissais pas très bien.
    Votre article est très intéressant, documenté et j’attends avec impatience la suite.

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  3. Pingback: Raymond VI de TOULOUSE, 1156-1222 | Des Aïeux et des Hommes

  4. Pingback: Une année de généalogie | Des Aïeux et des Hommes

  5. Bonjour, j’ai beaucoup apprécié cette page web. J’ai pour ma part commencé mes recherches généalogiques quand j’avais 15 ans, j’en ai 41 aujourd’hui, et viens d’arriver également à Louis VI le gros, mais par son fils, Robert de Dreux. J’ai remonté également une autre branche qui m’amène directement à Henri 1er, par son fils Hugues de Vermandois… Nous remontons ensuite très vite, et très loin dans le temps…. Du côté de Constance de France, épouse de Robert II dit le Pieux, certains historiens disent qu’elle est descendante directe de quelques empereurs romains d’orient, mais aussi de Ramsès II, et d’autres pharaons d’Egypte… C’est fou, non ? En tout cas, tout comme vous, cette recherche généalogique m’a fait replonger dans notre belle histoire de France…très mal étudiée dans nos écoles.
    La généalogie d’Anne de Kief nous fait également remonter très loin, vers la Russie, la Saxe, la Suède, Pologne, Bohème…. une autre histoire au delà de la France, une histoire européenne !
    Bien évidemment pouvons nous avoir une certaine fierté d’être des descendants directs à la 30ème générations, mais c’est surtout en les faisant revivre au travers de nos arbres généalogiques accessibles sur internet, mais aussi au travers des blogs comme le vôtre, que nous leur rendons hommage. C’est notre histoire…

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  6. Je suis heureux d’avoir trouvé des cousins ici^^
    Je descends par sa fille, les comtes de Toulouse, les d’Anduze et les Morlhion qui a épousé un François Boyer.^^

    C’est normal qu’on descende des rois et empereurs, puisque sans doute la peste noire a éliminé surtout le bas peuple.

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