Raymond VI de TOULOUSE, 1156-1222

Une ascendance capétienne, 2e partie

Blason du Comté de Toulouse, de gueules à la croix vidée, cléchée et pommetée d'or. (source)

Blason du Comté de Toulouse, de gueules à la croix vidée, cléchée et pommetée d’or. (source)

Suite de mon précédent article vous contant la vie de certains des plus illustres personnages de mon ascendance capétienne. Après Louis VI « le Gros », place à Raymond VI (de corpulence normale, enfin je crois 🙂 ).

Arbre d’ascendance

Arbre d'ascendance simplifié de Raymond VI

Raymond VI de TOULOUSE, mon aïeul à la 27e génération, est le petit-fils de Louis VI par sa branche maternelle. Il est également, par sa branche paternelle, l’héritier de Raymond de Saint-Gilles, connu pour avoir participé à la première Croisade. Il est né le 27 octobre 1156 à Saint-Gilles (Gard) et est décédé le 2 août 1222 à Toulouse (Haute-Garonne). Il est comte de Toulouse de 1194 à 1222.

Il se marie cinq fois, sa quatrième épouse donnant naissance à son successeur Raymond VII. Il a également deux enfants naturels, dont mon ancêtre Bertrand, vicomte de Bruniquel. Ce dernier participe à la guerre des Albigeois avec son père Raymond VI et son demi- frère Raymond VII.

Comtés du Languedoc en 1209

Comtés du Languedoc en 1209 (source)

Pour comprendre le contexte géopolitique de l’époque et le jeu des alliances, il faut au préalable que je vous fournisse quelques informations sur l’arrière-grand-père de Raymond VI, j’ai nommé Raymond IV de Saint-Gilles.

(Cliquez sur l’image pour voir la version dynamique de la timeline)

Frise chronologique des descendants de Raymond IV

Frise chronologique des descendants de Raymond IV, réalisée sur Histropedia

Les prédécesseurs

Raymond IV de Toulouse

Raymond IV de Toulouse, par Merry-Joseph Blondel
[Public domain], via Wikimedia Commons

Raymond IV, dit Raymond de Saint-Gilles, (1042–1105)

En novembre 1095, le pape Urbain II lance un appel à toute la noblesse d’Occident, afin de combattre les Musulmans, qui menacent Byzance, et reconquérir les Lieux Saints. Raymond de Saint-Gilles est l’un des premiers princes à y répondre. Il commande l’une des quatre armées de la première Croisade, celle des Provençaux, qui gagne Constantinople par voie terrestre. Son épouse, Elvire de Castille, l’accompagne en Terre Sainte. Ils partent pour la première Croisade sans esprit de retour.

Les Provençaux sont 10 000 avec comme emblème la croix de Toulouse.

Raymond de Saint-Gilles prenant la croix, RIVALZ Antoine, 1706, Peinture à l’huile, 325x268

Raymond de Saint-Gilles prenant la croix, RIVALZ Antoine, 1706, Peinture à l’huile, 325×268,
Musée des Augustins, Toulouse

Ainsi, Raymond IV de Toulouse confie à Bertrand II, son fils, ses possessions : les comtés de Toulouse, de Rouergue, d’Agen, d’Albi et du Quercy, la marche de Gothie et de Provence et le duché de Narbonne.

Il prend part à la prise de Jérusalem (1099) et fonde le comté de Tripoli (Liban) en 1102. En 1103, il fait construire une forteresse au Mont-Pèlerin. Sa femme accouche d’un fils,  surnommé Jourdain, car baptisé dans le fleuve de ce nom.

Tout en maintenant le siège sur Tripoli, il aide le roi Baudouin Ier de Jérusalem à prendre Saint-Jean-d’Acre. Il reprend ensuite le siège de Tripoli, mais est gravement blessé d’une flèche au début du mois de janvier 1105. Retiré au Mont-Pèlerin, il fait rédiger son testament. Il lègue le comté de Tripoli à son fils aîné Bertrand, plus en âge de le défendre, et ses possessions françaises à son cadet Alphonse-Jourdain, trop jeune pour ce territoire insoumis. Raymond IV meurt au bout de deux mois, le 28 février 1105.

De ce contact avec l’Orient naîtra une véritable civilisation dite “occitane”, des troubadours, de l’amour courtois. Mais ses fils et successeurs ne parviennent pas à maintenir leur autorité dans le Languedoc et, s’ils restent suzerains, l’autorité revient à différents nobles.

Alphonse-Jourdain (1103-1148)

Son fils, en premier lieu, a bien du mal à conserver sa souveraineté.

Il décide de partir en croisade en 1146. Contrairement à la majorité des croisés, qui ont choisi la voie terrestre pour rejoindre la Terre sainte, Alphonse préfère suivre l’exemple de son frère Bertrand et s’embarque en août 1147. Après une étape en Italie, il accoste à Saint-Jean-d’Acre en avril 1148. Il meurt empoisonné à Césarée le 16 août 1148.

Raymond V (1134-1194)

Raymond V épouse en 1154 Constance de France, sœur du roi Louis VII. Les deux époux se sépareront en 1165 après avoir eu 4 enfants, dont Raymond VI.

Après son oncle Bertrand et son père Alphonse Jourdain, qui ont laissé une principauté en danger, il transmet à son fils Raymond VI un comté reconstitué, mais économiquement affaibli par les guerres continuelles de son règne. Surtout, les progrès du catharisme font peser une menace qui mènera le comté de Toulouse à l’annexion au cours du siècle suivant.

L’hérésie cathare

Le catharisme est un mouvement médiéval d’origine antique, un manichéisme avec des aspects chrétiens. Les guides religieux « cathares », se désignent en fait eux-mêmes comme “Bons Hommes”, “Bonnes Dames” ou “Bons Chrétiens”. Leurs ennemis les appellent les “hérétiques albigeois”, l’Inquisition les “Parfaits”, dans le sens de “parfaits hérétiques”.

Les cathares, se considèrent à l’époque comme les seuls vrais disciples des apôtres, souhaitent adopter le modèle de vie, les rites et les sacrements, des premières communautés chrétiennes. Ils s’appuient principalement sur les enseignements du Nouveau Testament, et leur unique prière est le Notre Père. Ils considèrent que toutes les pratiques et sacrements instaurés par l’Église dès les premiers siècles et petit à petit n’ont aucune valeur : les sacrements du baptême, de l’Eucharistie, du mariage. L’idéal cathare est basé sur une vie ascétique, ils sont végétariens. Ils n’attachent pas d’importance aux églises bâties qui ne sont pas pour eux les seuls lieux du culte car la parole du Christ peut être enseignée partout où se réunissent les fidèles. Enfin, leur seul sacrement est le baptême par imposition des mains, ou consolament.

Les cathares vivent dans des “maisons de parfaits”, intégrées aux villes et aux villages, qui leur permettent de rencontrer la population, de prêcher, et leur sert d’atelier. Ils sont en effet astreints au travail manuel pour vivre, ce qui leur donne un avantage considérable pour leur prédication. En effet, cela les maintient au contact de la population qu’ils instruisent directement, via des traductions des Écritures saintes en langue vernaculaire, contrairement au clergé catholique qui refuse à l’époque l’accès direct du peuple aux textes sacrés. Cela leur rapporte également l’argent du produit de leur travail. Cet argent leur permet, par exemple, de se déplacer et, avec les dons et les legs, de créer les conditions de l’existence d’une hiérarchie, même si la pauvreté personnelle est prescrite.

La progression de l’hérésie

Des hérétiques sont signalés dans le Languedoc dès le début du XIe siècle. Mais il faut attendre le milieu du siècle suivant pour parler vraiment d’une expansion.

Le comte Raymond V, soucieux de se débarrasser de l’hérésie, fait appel au roi Louis VII en 1177, mais celui-ci préfère envoyer sur place les hommes d’Église. Jusqu’à la fin du siècle, les problèmes qui surgissent en terre Sainte détournent l’attention et l’élection du pape Célestin III, en 1191, à l’âge de 85 ans n’arrange rien. L’hérésie, très présente dans le Lauragais et l’Albigeois, se répand dans les régions limitrophes. En 1180, Philippe Auguste succède à Louis VII, et en 1194, Raymond VI succède à son père.

La Croisade contre les cathares

Le pape Innocent III

Le pape Innocent III, fresque du cloître bénédictin de Subiaco
(par Wikimedia Commons)

Au début du XIIIe siècle, les chrétiens et le Pape Innocent III sont frustrés par l’échec de la 4e croisade (1202-1204) qui n’a pas atteint la Terre Sainte. L’idée se répand que cet échec est un signe de Dieu : pas assez purs, les chrétiens sont invités à stopper l’hérésie, véritable gangrène de la chrétienté occidentale.

Raymond VI, lui, est catholique mais, depuis toujours, tolère sans problème les hérétiques sur ses terres.

En 1207, le pape Innocent III, accompagné du légat Pierre de Castelnau, adresse de violents reproches à Raymond VI au sujet des cathares.

Le 15 juin 1208, Pierre de Castelnau est assassiné par un écuyer que l’on dit être de la maison de Toulouse. Raymond VI est tenu pour responsable. Innocent III trouve en ce drame un prétexte pour lancer contre les Albigeois, la première croisade qui se déroulera sur le territoire de la chrétienté occidentale. Pour l’Église, il s’agit de mater une hérésie. Mais pour le pouvoir central de la royauté française, il s’agit surtout de soumettre les seigneurs du Sud, ces vassaux trop indépendants. Philippe Auguste, roi de France, ne voudra jamais participer personnellement à cette croisade, mais laissera cependant ses vassaux libres de toutes actions. La croisade contre l’hérésie cathare se fera donc dans le cadre féodal, avec la bénédiction du roi de France. Les seigneurs doivent y participer 40 jours selon le principe de l’ost. Un rassemblement important de seigneurs venus de la France du Nord (parlant la langue d’oïl, incompréhensible pour les gens du Sud), conduits par Simon de Montfort, se forme ainsi à Lyon à l’été 1209.

Simon de Montfort

Simon de Montfort. Eau-forte par C. Jaquande. Gravée par Langlois. XIXe siècle.

Raymond VI est apeuré en voyant cette imposante armée approcher de ses terres. Alors qu’il n’a jamais rien entrepris contre les cathares, malgré les injonctions du pape, Raymond VI décide de faire amende honorable à Saint-Gilles le 18 juin 1209. Devant la pression de l’Église, il accepte sa pénitence.

Pénitence du comte de Toulouse, Raimond VI. Dessin de J. M. Moreau. Gravé par Delvaux, 1782.

Pénitence du comte de Toulouse, Raimond VI.
Dessin de J. M. Moreau. Gravé par Delvaux, 1782.

Au cours de cette cérémonie, suivie par une nombreuse assistance, le comte, pieds et torse nus, jure sur les évangiles d’obéir à l’Église romaine et aux ordres des légats. Il promet également de restaurer les couvents et les abbayes, de chasser les juifs et de combattre les hérétiques. Il est flagellé devant le portail de l’église de cette ville et doit s’engager à aider les croisés contre ses propres vassaux toujours considérés comme cathares.

Raymond VI se soumet devant le pape

Raymond VI se soumet devant le pape, par Paul Lehugeur, XIXe siècle.

Quelques jours plus tard, les croisés font route pour Béziers. Le 21 juillet 1209, les autorités de la ville refusent de livrer les 222 hérétiques demandés par les croisés. Le lendemain, les croisés (Raymond VI est présent, mais ne participe pas), pénétrent dans la ville assiégée et font un carnage. Lorsque les croisés demandent à Arnaud Amaury, nouveau légat du pape, comment distinguer les catholiques des hérétiques, ce dernier aurait répondu : “Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens1. Selon les sources, entre 15 000 et 20 000 cadavres auraient été comptés après la prise de la ville.

Gustave Le Gray (1820-1884), O. Mestral (Auguste Mestral, 1812-1884), Les remparts de Carcassonne, 1851,  Metropolitan Museum, New York (photo de la Mission Héliographique

Gustave Le Gray (1820-1884), O. Mestral (Auguste Mestral, 1812-1884),
Les remparts de Carcassonne, 1851, Metropolitan Museum, New York (photo de la Mission Héliographique) [Public domain], via Wikimedia Commons

La ville de Carcassonne est attaquée tout de suite après. La cité, défendue par le vicomte Raymond-Roger Trencavel, est dite imprenable, mais les assiégés vont rapidement manquer d’eau et ne tiendront finalement pas plus de quinze jours. On laisse sortir les habitants « nus », c’est-à-dire les hommes en braies, les femmes en chemise, abandonnant aux vainqueurs : “tous leurs biens, leurs champs, leurs armes, leur bétail, leurs épargnes, leurs vignobles et tout ce que renfermait cette vieille cité”.

Le légat met le vicomte aux fers le 15 août . il mourra 3 mois plus tard, le 10 novembre 1209.

L'expulsion des Albigeois de la ville de Carcassonne en 1209, ca 1415

L’expulsion des Albigeois de la ville de Carcassonne en 1209,
miniature extraite d’un manuscrit des Grandes Chroniques de France
(Atelier de Maître de Boucicaut [Public domain], via Wikimedia Commons, ca 1415,
enluminure sur parchemin, British Library)

Un nouveau vicomte est désigné, Simon de Montfort, qui devient le chef militaire de la Croisade et reçoit les vicomtés de Béziers, d’Albi et de Carcassonne. Simon de Montfort est désormais le chef de guerre, “le général en chef”. Effrayés par les évènements de Béziers et Carcassonne, plusieurs vassaux de Trencavel se soumettent ou abandonnent leurs terres.

Le 12 septembre 1213, à Muret, près de Toulouse, Raymond VI et son allié Pierre II d’Aragon – son beau-frère par son mariage en deuxième noce – sont mis en déroute par Simon de Montfort. Le roi d’Aragon meurt au milieu de violents combats.

Simon de Montfort contrôle désormais tout le Midi Toulousain à l’exception de Montauban et de la capitale comtale.

Récit de la mort de Pierre d’Aragon à Muret en 1213

Récit de la mort de Pierre d’Aragon à Muret en 1213

En novembre 1215, le 4e Concile du Latran destitue Raymond VI de tous ses droits et attribue à Simon de Montfort le comté de Toulouse, le duché de Narbonne en plus des titres de vicomte d’Albi, de Béziers et de Carcassonne. Malgré cette sentence, Raymond VI et son fils reçoivent le soutien d’Avignon et de certaines villes rhodaniennes et provençales.

Dédaignant les conseils de son entourage, Simon de Montfort se rend à Toulouse pour recevoir l’hommage de la ville à son nouveau comte. Les Toulousains se révoltent, car leur cœur appartient à Raymond le banni.

Un peu plus tard, en août 1216, c’est le fils de Raymond VI, “Raymondet”, qui se distingue. Beaucaire, qui est assiégée, fait appel à lui. Pour dégager sa petite garnison, Simon de Montfort accourt. Contre la vie sauve de ses hommes, il doit abandonner le siège.

Au début de 1217, Simon de Montfort part dans la région rhodanienne pour conquérir le Valentinois et quelques places fortes. Profitant de son absence, Raymond VI traverse les Pyrénées et, avec l’aide des troupes aragonaises et catalanes, s’avance vers sa ville ; le 13 septembre 1217, il reprend Toulouse, accueilli par une population en liesse qui se met aussitôt à renforcer le système défensif de la ville. Simon de Montfort se plante devant les murs de la cité ; le siège durera plus de neuf mois ; il s’achève après le 25 juin 1218, date de la mort de Simon de Montfort sous les murs de la cité.

De là, Raymond VI reconquiert la plupart de ses possessions avant de disparaître subitement en août 1222, à la suite d’une brève maladie. Sa dépouille est remise aux membres de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, conformément aux volontés qu’il avait exprimées dans son testament de 1218. Le comte n’ayant pas été relevé de son excommunication ne peut être inhumé.

Portrait de Raimond VII de Toulouse (1197-1249)  Gravure sur acier originale. Anonyme.1836

Portrait de Raimond VII de Toulouse (1197-1249)
Gravure sur acier originale. Anonyme. Colorée à la main (coloris d’époque). 1836

Après sa mort, son fils Raimond VII prend la cité et la remet à Raimond Trencavel II. Louis VIII répond en lançant une expédition militaire et la ville se soumet sans combattre en juillet 1226. La vicomté est définitivement annexée à la couronne de France qui instaure à Carcassonne une sénéchaussée. La croisade s’achève le 12 avril 1229 par le traité de Meaux-Paris par lequel Raimond VII convient du mariage de sa fille unique, Jeanne, avec le frère du roi, Alphonse de Poitiers, à qui reviendra ainsi l’ensemble de ses possessions.

Le comté de Toulouse sera rattaché à la Couronne en 1271. L’Église cathare se retrouve plus forte en 1226 qu’elle ne l’était en 1209. L’inquisition du Languedoc voit le jour en 1233 sous la houlette de quelque quatre-vingts inquisiteurs, dont le terrible Bernard Gui. Le 16 mars 1244, les décès de 220 personnes sur le bûcher de Montségur n’arriveront pas à mettre un terme définitif au catharisme. Il faudra attendre 1350 pour qu’il soit complètement éradiqué.

Notes

1. Selon cet article de Wikipedia, il semblerait que cette citation, pourtant fort connue, ne soit qu’une légende. Mais j’avais tout de même envie de vous la raconter 🙂

Sources et liens pour en savoir plus

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7 réflexions sur “Raymond VI de TOULOUSE, 1156-1222

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  3. Un petit commentaire, si vous le permettez ?! Le catharisme ne fut pas complètement éradiqué. Tout d’abord, certains cathares purent fuir à temps la Divine Inquisition et s’installèrent dans le Comté de Genève. Là, ils continuèrent leur pratique religieuse qui s’éteignit doucement. Etant un descendant d’un cathare contemporain de Raymond VII, je me suis beaucoup intéressé à la vie en ces périodes sombres. Bien à vous. Catelin.

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